Point 9
C.P.A.S.. Délibération du Conseil de l'Action Sociale du 27 octobre 2020 relative à modification du statut pécuniaire. Octroi de chèques « consommation ». Approbation. Examen. Décision.
- Décision
- Adopté
Vote
13 pour, 12 contre
Ce que dit le procès-verbal texte d'origine, données personnelles masquées
Madame la Présidente propose au Conseil de se prononcer, dans le cadre de sa tutelle d'approbation, sur la délibération prise en date du 27.10.2020 par laquelle le Conseil de l'Action Sociale décide de procéder à modification du statut pécuniaire pour l'octroi de chèques « consommation ».
Il s'agit d'insérer dans la section 8bis du statut pécuniaire spécifique du Centre de Comines-Warneton, un article 6.47 rédigé comme suit : « Le personnel ayant œuvré au sein des maisons de repos et de soins du C.P.A.S. dans le cadre de la crise COVID-19, se verra octroyer des chèques « consommation » dans les conditions reprises à l'article 19 quinquies de l'Arrêté Royal du 28 novembre 1969 ».
Elle signale que ce point a fait l'objet d'un désaccord en réunion de concertation Commune-C.P.A.S. en sa séance du 16.10.2020.
« On avait déjà eu un problème très sérieux avec une première démarche malheureuse qui s'était terminée par une abrogation de votre décision par le Gouverneur.
Pour rappel. Il n'y avait pas eu de concertation syndicale, pas de concertation C.P.A.S.-Ville, une intervention complètement farfelue présumée de l'amicale du C.P.A.S.. Fort heureusement la ville a souligné toutes vos erreurs, le Gouverneur lui a donné raison et a cassé votre décision. Décision dangereuse que vous aviez prise, qui engageait dans vos erreurs obstinées les élus du C.P.A.S. et la ville elle-même.
Intervention pour plaider un refus de cet octroi raisonné comme suit.
1) Aucune estimation des montants prévus. Comment pouvez-vous imaginer que nous allons prendre le risque de nous engager avec des fonds communaux dans des dépenses dont il n'est à aucun moment estimé ni l'ampleur, ni la fréquence. A aucun endroit de cette délibération on ne trouve le moindre chiffre concernant le nombre de bénéficiaires, de montants ni de totaux ? Il n'est pas non plus signalé s'il fallait s'attendre à une pareille demande pour d'autres périodes de la pandémie, périodes passées ou à venir ? Cette question est primordiale et vous l'ouvrez de toutes ses issues. Par contre, les voies et moyens pour arriver à financer votre modification de statut pécuniaire sont aussi invisibles que vos calculs.
2) Concerne la période de mars à avril. L'arrêté royal date du 16 juillet 2020, alors que vous demandez des chèques consommation pour la période de mars à avril. Il n'y a pas possibilité d'effet rétroactif de cet arrêté. Donc impossibilité de prétexter cet arrêté pour des faits antérieurs à sa création.
3) Extrait du PV du comité de concertation syndicale du 25 septembre 2020. Figure sur le PV de la concertation la phrase suivante : Vu les décisions du bureau permanent du 26 mars et du 16 avril 2020 octroyant une dispense de service pour cause de force majeure au personnel des service administratif, social, et insertion à l'exception de quelques agents dont la présence était requise pour la gestion de la crise au sein de nos maisons de repos. Cette notion fort importante ne figure pas sur le PV de la réunion CAS.
4) Discrimination par rapport aux personnes malades. Nous nous posons le problème des personnes absentes pour des causes de maladie ou autres et qui sont discriminées par leur absence sans doute bien indépendante de leur volonté.
5) Décide à l'unanimité. Après avoir observé le procès-verbal de la séance du 27 octobre 2020 du Conseil d'Action Sociale, on peut voir que la Bourgmestre est présente dans la réunion avec une voix certes consultative. Elle est intervenue contre le projet mais ce n'est mentionné à aucun moment. Il aurait été bienvenu de mentionner ces remarques.
6) Concernant l'invocation du professionnalisme dans le travail effectué avec des bénévoles et des étudiants dans l'organisation des services du CPAS, je ne le comprends pas. Qu'on mette en évidence la disponibilité, le volontariat ou la motivation je peux le comprendre, mais comment pourrait-on imaginer que le professionnalisme manquerait à des personnes, quelles qu'elles soient, qui doivent s'occuper des bénéficiaires d'une maison de repos et qu'il faudrait le rémunérer pour l'obtenir. La motivation semble très mal formulée.
Je veux rappeler à cette assemblée qu'une précédente décision concernant l'octroi d'une prime de fin d'année conséquente a fait l'objet de discussions avec les syndicats. Que ces derniers ont insisté sur le fait de ne pas discriminer les personnes qui auraient été absentes de leur travail pour des cas de forces majeures. Nous ne voulons pas non plus ici discriminer les gens qui ont été absents pour des cas de force majeure. ».
Madame Clémentine VANDENBROUCKE, Échevin, estime que la crise du Covid-19 a durement frappé les maisons de repos du C.P.A.S., avec un important impact psychologique et précise que le vote intervenu sur ce point a été adopté à l'unanimité et qu'il s'agit d'un choix politique et humain. Elle estime qu'il s'agit tant d'une reconnaissance du travail effectué par le personnel des homes que d'une aide pour le secteur HO.RE.CA. Elle précise qu'il s'agit d'un choix réfléchi, que l'argent est disponible au C.P.A.S., que la dotation communale reste inchangée et que ce n'est pas la 1ère fois que le statut pécuniaire est adapté. Elle précise qu'elle n'était pas présente lors de la réunion de concertation Ville-C.P.A.S., s'interroge sur des remarques éventuellement émises lors des négociations avec les organisations syndicales et invite les membres de la présente assemblée à approuver la décision du Conseil de l'Action Sociale.
Monsieur David WERQUIN, Conseiller Communal, se dit être du même avis que l’Échevine VANDENBROUCKE et insiste sur l’unanimité des organisations syndicales sur ce point et sur la non-augmentation de la dotation communale au C.P.A.S. pour sa mise en œuvre.
Monsieur André GOBEYN, Conseiller Communal, souhaite dédramatiser le débat et estime que la Ville et le C.P.A.S. sont capables de réaliser de belles choses en commun (achats communs, logements, …) et estime qu’il y a lieu, au vu des problèmes de fond et de forme, de provoquer une rencontre entre le Collège Échevinal et Monsieur Frédéric HALLEZ, Président du C.P.A.S., afin de trouver une solution légale pour le personnel.
Madame Marion HOF, Conseillère Communale, invite à approuver cette modification du statut pécuniaire et précise que cette somme, de 12.500 €, profitera au commerce local.
Monsieur Frank EFESOTTI, Conseiller Communal, estime qu’il est plus important de régulariser les problématiques des heures supplémentaires et de la surcharge de travail.
Monsieur Didier SOETE, Échevin, dit partager les remarques et l’avis de l’Échevin MOUTON. Il précise que les réunions Ville-C.P.A.S. sont parfois exécrables, rappelle que la tutelle sur le C.P.A.S. est exercée par la commune. Il évoque un vote « au forcing », estimant que l’objet précis des concertations sur cet objet a évolué au gré des réunions. Il plaide pour de réelles concertations Ville-C.P.A.S..
Monsieur Philippe MOUTON, Échevin, estime que des éléments importants de la procédure ont été omis dans la délibération et estime que des erreurs ont peut-être été commises, notamment en termes de dispense de service. Il précise que dans les services communaux, les prestations ont été adaptés (exemple : agents en présentiel en nombre plus réduit et en « contactable-rappelable ») et que c’est peut-être pour cette raison que des étudiants et bénévoles ont été amenés à effectuer des prestations. Il précise encore qu’il ne s’agit ici pas de ne pas reconnaître le travail presté par ces bénévoles et étudiants.
Monsieur Jean-Jacques PIETERS, Échevin, estime que les différentes décisions prises depuis le début sur ce sujet démontrent une volonté de ne pas octroyer de chèques.
Monsieur Philippe MOUTON, Échevin, se dit « outré » par ce qu’il vient d’entendre, précise qu’il n’y a pas de volonté de ne pas reconnaître le travail du personnel soignant et que les délibérations du Conseil de l’Action Sociale présentaient et présentent des failles, failles que la Ville, à défaut de réactions, couvrirait.
Monsieur André GOBEYN, Conseiller Communal, dit partager l’avis de l’Échevin MOUTON, dit comprendre les propositions du C.P.A.S., mais estime qu’il y a lieu d’y mettre les formes légales.
Madame Clémentine VANDENBROUCKE, Échevin, souhaite que les décisions du Conseil de l’Action Sociale soient partagées.
Monsieur Philippe MOUTON, Échevin, rappelle que les dossiers sont consultables par tous les membres du Conseil dans les services communaux.
Monsieur Eric DEVOS, Conseiller Communal, estime que comme peu de commerçants (4) acceptent les chèques, le système est à revoir.
Après en avoir délibéré, le Conseil prend, par 13 voix pour, celles de Madame Alice LEEUWERCK, Bourgmestre, Messieurs Didier SOETE et Philippe MOUTON, Échevins, Madame Chantal BERTOUILLE, Messieurs André GOBEYN, Frank EFESOTTI, David KYRIAKIDIS, Mesdames Myriam LIPPINOIS, Peggy DELBECQUE, Monsieur Eric DEVOS, Mesdames Johanna MOENECLAEY, Sylvie VANCRAEYNEST et Florence DEKIMPE, Conseillers Communaux, et 12 voix contre, celles de Mesdames Marie-Eve DESBUQUOIT, Clémentine VANDENBROUCKE et Monsieur Jean-Jacques PIETERS, Échevins, Messieurs José RYCKEBOSCH, Vincent BATAILLE, Didier VANDESKELDE, Gael OOGHE, Mesdames Marion HOF, Charlotte GRUSON, Messieurs Jean-Baptiste LINDEBOOM, David WERQUIN et Jean-Baptiste RAMON, Conseillers Communaux, la résolution suivante :
Décision
DÉCIDE, par 13 voix pour et 12 contre :
Article 1. - De ne pas approuver la décision du Conseil de l'Action Sociale du 27.10.2020 octroyant des chèques-consommation au personnel ayant œuvré au sein des maisons de repos et de soins du C.P.A.S. pendant la période de référence du 10 mars au 30 avril 2020.
Art. 2.- La présente décision :
- sera notifiée à Monsieur Frédéric HALLEZ, Président du C.P.A.S. ;
- sera communiquée, en triple exemplaire, à Monsieur le Gouverneur de la Province du Hainaut ;
- sera communiquée à Monsieur le Directeur Financier.
Références et motivations (30 paragraphes)
LE CONSEIL COMMUNAL, siégeant en séance publique ;
Vu les dispositions du Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation ;
Vu les dispositions de la Nouvelle Loi Communale ;
Vu les dispositions de la loi du 08.07.1976 organique des centres publics d'action sociale, notamment l'article 112 quater ;
Vu la décision du Conseil de l'Action Sociale du 27 octobre 2020 modifiant le statut pécuniaire du personnel spécifique par l'ajout, dans la section 8bis du statut pécuniaire spécifique du Centre, d'un article 6.47 rédigé comme suit : « le personnel ayant œuvré au sein des maisons de repos et de soins du C.P.A.S. dans le cadre de la crise COVID-19, se verra octroyer des chèques « consommation » dans les conditions reprises à l'article 19 quinquies de l'Arrêté Royal du 28 novembre 1969 » ;
Attendu que la délibération susvisée prévoit que le montant des chèques consommation est calculé sur base du nombre de demi-journées de présence durant la période de référence du 10 mars au 30 avril 2020, de la manière suivante :
- 5 à 9 demi-journées : 10 € ;
- 10 à 14 demi-journées : 20 € ;
- 15 à 19 demi-journées : 30 € ;
- 20 à 24 demi-journées : 40 € ;
- 25 à 29 demi-journées : 50 € ;
- 30 à 34 demi-journées : 60 € ;
- 35 à 39 demi-journées : 70 € ;
- 40 à 44 demi-journées : 80 € ;
- 45 à 49 demi-journées : 90 € ;
- 50 à 59 demi-journées : 100 € ;
- 60 à 69 demi-journées : 110 € ;
- 70 demi-journées et plus : 120 € » ;
Vu les dispositions de l'Arrêté Royal du 28 novembre 1969 pris en exécution de la loi du 27 juin 1969 révisant l'arrêté-loi du 28 décembre 1944 concernant la sécurité sociale des travailleurs, notamment son article 19 quinquies - inséré par l'arrêté royal du 15 juillet 2020, publié au Moniteur Belge du 17.07.2020 et entré en vigueur le 17.07.2020 ;
Vu les dispositions de la loi du 31 juillet 2020 modifiant diverses dispositions introduisant le chèque consommation électronique ;
Attendu, d'une part, qu'en octroyant des chèques « consommation » pour une période (dite « de référence ») durant laquelle ces chèques n'existaient pas encore (à savoir du 10 mars au 30 avril 2020), la délibération viole le principe de non-rétroactivité des actes administratifs fixé, de manière générale, à l'article 2 du Code Civil et reconnu par la jurisprudence du Conseil d'Etat et de la Cour de Cassation ;
Attendu, d'autre part, que cette même décision opère une différence de traitement non justifiée entre les agents du C.P.A.S en ne faisant bénéficier de ces chèques que le personnel présent durant la crise sanitaire et en excluant donc le personnel absent pour des raisons indépendantes de leur volonté (en cas de maladie par exemple) ou placé en dispense de service notamment ; la délibération crée en ce sens une forme de discrimination contraire au principe d'égalité et de non-discrimination, sans justification objective ;
Attendu, de plus, que la décision prise par le Conseil de l'Action Sociale viole les principes généraux « de bonne administration » du droit administratif en ce que :
- les motivations soutenant la décision ne sont pas pertinentes : la motivation principale - à savoir le « professionnalisme » du personnel durant la crise sanitaire - n'est pas pertinente en l'espèce étant donné la qualité des prestations attendue habituellement quotidiennement dans un tel secteur ; la motivation faisant référence à l'octroi de tels chèques dans d'autres maisons de repos et de soins de l'entité ne fait pas plus sens dans la décision finale ;
- elle viole les principe de légalité et de sécurité juridique par le non-respect de la procédure règlementaire en faisant « évoluer » l'objet des points soumis aux concertations : le projet de protocole d'accord proposé lors du comité de concertation syndicale prévoyait initialement l'octroi des chèques « consommation » au personnel, bénévoles et étudiants ; la concertation C.P.A.S.-Ville mentionnait le « personnel » au sens large sans évoquer de modification du statut pécuniaire et sans adaptation de la proposition initiale ; la décision du Conseil de l'Action Sociale porte in fine sur la modification du statut pécuniaire du « personnel ayant œuvré au sein des maisons de repos et de soins du C.P.A.S. » ;
- elle ne mentionne aucun élément chiffré permettant de prévoir le coût total d'une telle mesure ainsi que les voies et moyens à mettre en œuvre pour sa réalisation, rendant en ce sens ineffectif le contrôle de tutelle ;
Attendu, enfin, que la décision, en n'indiquant, notamment, aucun choix entre le format papier et le format électronique - choix qui n'a, pas plus, fait l'objet de concertation(s)-, viole les dispositions de l'arrêté royal du 15.07.2020 quant à la forme des chèques « consommation »;
Attendu que la décision du Conseil de l'Action Sociale du 27 octobre 2020 modifiant le statut pécuniaire du personnel spécifique par ajout de l'octroi de chèques « consommation » viole la loi et blesse l'intérêt général ;
Attendu, au vu de ce qui précède, que la délibération susvisée ne peut dès lors faire l'objet d'une approbation ;
Par ces motifs ;