Point 11a
C.P.A.S.. Modifications budgétaires ordinaire n°1 et extraordinaire n°1 de l’exercice 2022. Approbation. Décision.
- Décision
- Adopté
Vote
13 pour, 10 contre
Ce que dit le procès-verbal texte d'origine, données personnelles masquées
Madame la Présidente propose, vu l’urgence (délais prévus à l’article 112bis, §1, alinéa 3 de la loi 08.07.1976 organique des C.P.A.S.), au Conseil de se prononcer sur les modifications budgétaires ordinaire n°1 et extraordinaire n°1 de l’exercice 2022 du C.P.A.S..
Madame Charlotte GRUSON, Conseillère Communale, demande à recevoir, pour analyse et examen, ces pièces comptables.
Une suspension de séance d’environ 10 minutes est prononcée, le temps que les documents utiles soient transmis à l’ensemble des membres du Conseil.
Elle invite Monsieur Didier SOETE, Échevin ayant notamment les Finances dans ses attributions, à développer brièvement ces pièces comptables.
Monsieur Didier SOETE, Échevin ayant notamment les Finances dans ses attributions, indique que par le biais de ces premières modifications budgétaires de l’exercice 2022, le Conseil de l’Action Sociale, au service ordinaire, procède à une nouvelle ventilation des recettes et dépenses et adapte des crédits - principalement pour indexer des montants - et prévoit, pour le service extraordinaire, l’alimentation du fonds de réserves extraordinaires et l’utilisation de la quasi-totalité dudit fonds pour le projet de l’ancienne maison de repos « Sacré Cœur » de Ploegsteert.
Monsieur David WERQUIN, Conseiller Communal, estime utile de préciser que des adaptations aux projets de modifications budgétaires ont été sollicitées par les soins de la majorité au Conseil Communal.
Madame la Présidente précise que des nouveaux documents ont été présentés lors de la deuxième réunion de concertation (après un premier refus) et que lors de la présentation de ce nouveau document, une recette de subside avait été retirée.
Monsieur Didier SOETE, Échevin ayant notamment les Finances dans ses attributions, indique que les relations Ville-C.P.A.S. sont compliquées depuis 3 ans et que la pierre d’achoppement est la rénovation du site de l’ancienne maison de repos de Ploegsteert. Il estime que dans le cas des modifications budgétaires présentées, l’intérêt général est blessé. Il rappelle que pour ce projet immobilier, il n’existe aucun accord sur le projet. Il estime que bien que la loi ne semble pas avoir été violée, l’intérêt général est ici blessé en ce sens que cette modification budgétaire va manger les 3 millions et qu’il ne restera quasi plus rien pour d’autres projets d’aide publique. Il précise qu’il ne peut marquer son accord sur ce projet et se dit choqué de voir le C.P.A.S. utiliser la quasi-totalité du fonds de réserve extraordinaire pour un seul projet. Il précise qu’en cas d’autres besoins, le fonds de réserves extraordinaires étant quasi-vidé, le risque existe de voir les dotations communales devoir être revues à la hausse, afin de pouvoir présenter des budgets en équilibre. Il estime que l’intérêt général exige une bonne gestion des deniers publics et propose, pour les raisons susvisées, de ne pas approuver les modifications budgétaires proposées.
Monsieur David WERQUIN, Conseiller Communal, estime que la majorité au Conseil Communal a d’autres projets aussi onéreux à d’autres endroits et que dès l’instant où il a été demandé de procéder à la suppression d’un montant de subside de l’ordre de 1.700.000 € au service extraordinaire, il n’y a en effet pas d’autre choix que de procéder à un prélèvement de l’ordre de 3.000.000 € pour réaliser ce projet.
Monsieur Didier SOETE, Échevin ayant notamment les Finances dans ses attributions, précise qu’en effet, le C.P.A.S. n’était pas en droit d’inscrire ce type de recettes et rappelle qu’il n’y a pas d’accord entre la Ville et le CPAS sur ce projet immobilier.
Monsieur Philippe MOUTON, Échevin, précise suivre totalement les propos et le raisonnement de l’Échevin SOETE, rappelle les difficultés liées au statut « spécial » (dont la non-présence du Président de C.P.A.S. dans le Collège Communal – qui n’existe pas à Comines-Warneton), en plus des difficultés d’ordre humain, et estime que de véritables concertations doivent avoir lieu entre la Ville et le C.P.A.S..
Madame Clémentine VANDENBROUCKE, Échevin, se dit étonnée d’apprendre que ce dossier n’aurait pas fait l’objet d’une approbation de la part de la Ville vu les démarches déjà effectuées (projet inclus dans le P.S.T. du C.P.A.S., marché de services attribué et validé par le Collège Échevinal,…), s’interroge sur un souci de communication dans ce dossier et estime paradoxal de reprocher au C.P.A.S. d’utiliser le fonds de réserves extraordinaires pour ce projet alors qu’il y a quelque mois, il lui a été reproché de ne pas usage des bas de laine constitués. Elle explique enfin que l’utilisation de ce fonds de réserves extraordinaires trouve également son explication dans l’erreur comptable rappelée par Madame la Présidente (retrait du subside de l’ordre de 1.700.000€). Elle invite les membres du Conseil à voter « pour » ces projets de modifications budgétaires.
S’engage ensuite un débat sur la « politique politicienne ».
Monsieur David KYRIAKIDIS, Conseiller Communal, estime logique que le subside de 1.700.00 € ait dû être retiré des projets de M.B.1 et note l’absence de réflexion du C.P.A.S. sur les besoins réels du logement pour de nombreuses familles.
Monsieur Jean-Jacques PIETERS, Échevin, estime qu’il s’agit ici d’un choix politique d’organismes publics non dirigés par la même majorité et dit craindre que ce dossier soit « gênant » jusqu’à la fin de la législature.
Après en avoir délibéré, le Conseil décide, par 13 voix pour, celles de Madame Alice LEEUWERCK, Bourgmestre, Messieurs Didier SOETE et Philippe MOUTON, Échevins, Madame Chantal BERTOUILLE, Messieurs André GOBEYN, Frank EFESOTTI, David KYRIAKIDIS, Mesdames Myriam LIPPINOIS, Peggy DELBECQUE, Monsieur Éric DEVOS, Mesdames Johanna MOENECLAEY, Sylvie VANCRAEYNEST et Florence DEKIMPE, Conseillers Communaux, et 10 voix contre, celles de Madame Clémentine VANDENBROUCKE et Monsieur Jean-Jacques PIETERS, Échevins, Messieurs José RYCKEBOSCH, Vincent BATAILLE, Didier VANDESKELDE, Gael OOGHE, Madame Charlotte GRUSON, Messieurs Jean-Baptiste LINDEBOOM, David WERQUIN et Jean-Baptiste RAMON, Conseillers Communaux, de prendre la résolution suivante :
Décision
DÉCIDE, par 13 voix « pour » et 10 voix « contre » ;
Article 1. – De ne pas approuver les modifications budgétaires ordinaire n°1 et extraordinaire n°1 de l’exercice 2022 du centre public d’action sociale (C.P.A.S.).
Art. 2. – Un recours à l’encontre de la présente décision peut être introduit devant le Gouverneur de la Province de Hainaut dans les 10 jours de la réception de la décision du Conseil Communal, en exécution de l’article 112bis §3 de la loi organique des C.P.A.S..
Art. 3. – La présente décision sera :
- communiquée à Monsieur Tommy LECLERCQ, Gouverneur de la Province du Hainaut ;
- notifiée à Monsieur Frédéric HALLEZ, Président du C.P.A.S..
Références et motivations (33 paragraphes)
LE CONSEIL COMMUNAL, siégeant en séance publique ;
Vu les dispositions du Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation ;
Vu les dispositions de la Nouvelle Loi Communale ;
Vu les dispositions de la loi organique du 8 juillet 1976 des centres publics d'action sociale et notamment 112bis §§1 et 3 ;
Vu la circulaire budgétaire du 13 juillet 2021, signée par le Ministre des Pouvoirs locaux et de la Ville, Pierre-Yves DERMAGNE, intitulée « Circulaire relative à l'élaboration des budgets des communes de la Région Wallonne pour l'exercice 2022 » – ci-après dénommée « circulaire budgétaire 2022 » – en particulier la page 48 ;
Vu le procès-verbal de la réunion de concertation « Commune-C.P.A.S. » du 02.06.2022 acté ce jour (11ème objet) par la présente assemblée ;
Vu la décision du Conseil de l'Action sociale du 13 juin 2022 arrêtant les modifications budgétaires ordinaire n°1 et extraordinaire n°1 de l'exercice 2022 du C.P.A.S. ;
Vu la demande de la délégation communale, émise lors de la présentation des comptes 2021 en réunion de concertation « Commune-C.P.A.S. du 22.04.2022, de présenter la première modification budgétaire du C.P.A.S. lors d'une prochaine concertation ;
Vu le refus d'accéder à cette demande du président du C.P.A.S. ;
Attendu que les modifications budgétaires ordinaire n°1 et extraordinaire ont été soumises au vote du Conseil de l'Action sociale lors de sa séance du 24.05.2022 ;
Attendu que ce vote a été tenu en délibéré par Madame la Bourgmestre, en application de l'article 33bis de la loi organique du 8 juillet 1976 des centres publics d'action sociale ;
Attendu qu'en date du 02.06.2022, une nouvelle concertation « Commune-C.P.A.S. » a eu lieu et que, lors de celle-ci, les modifications budgétaires du C.P.A.S., ayant été rectifiées, ont été présentées ;
Attendu que celles-ci ont été arrêtées par le Conseil de l'Action sociale lors de sa séance du 13.06.2022 et ce, malgré l'avis négatif de la Ville lors de la réunion de concertation du 02.06.2022 ;
Attendu que le dossier complet a été réceptionné par les services communaux le 15.06.2022 ;
Attendu que la modification budgétaire extraordinaire n°1, telle que votée, prévoit une utilisation quasi-totale du fonds de réserve extraordinaire ;
Attendu, d'une part, que cette utilisation est notamment destinée à la rénovation de l'ancienne maison de repos de Ploegsteert dans le but d'y créer une « maison des solidarités » ;
Attendu que des projets communaux similaires ont déjà été envisagés, notamment l'aménagement de l'ancienne cure de Ploegsteert en « maison de village » projet repris dans le programme communale de développement rural (P.C.D.R.) adopté par la présente assemblée en sa séance du 22.06.2018 (33ème objet) ;
Attendu que le patrimoine communal dans l'ancienne commune de Ploegsteert est important et que d'autres bâtiments peuvent également être réhabilités et ce, dans l'intérêt général ;
Considérant que, compte tenu des similitudes entre les projets envisagés, une concertation de fond Ville-C.P.A.S. aurait été fondamentale et ce, en vue de définir un programme d'investissement respectant les balises fixées, tel que prévu par la circulaire budgétaire 2022 en sa page 48 ;
Considérant que cette concertation aurait été d'autant plus nécessaire en raison du statut spécial de Comines-Warneton, celui-ci impliquant l'absence de Collège Communal au sein duquel est censé siéger le président de C.P.A.S.;
Attendu, d'autre part, que cette utilisation importante du fonds de réserve extraordinaire entraine de facto un solde final réduit ;
Attendu donc qu'il existe un risque réel que le C.P.A.S. ne puisse faire face aux évènements fortuits éventuels requérant une utilisation du fonds de réserve extraordinaire et ce, au détriment de l'intérêt général ;
Attendu que si la décision du Conseil de l'Action Sociale ne semble pas violer la loi, elle blesse manifestement l'intérêt général ;
Vu la jurisprudence de la section du contentieux administratif du Conseil d'État, en particulier l'arrêt n°17.990 du 09.12.1976 « Commune d'Etterbeek » ; attendu que cet arrêt définit les contours de la notion d'intérêt général tel que visé à l'article 162, alinéa 2, 6° de la Constitution ;
Vu les dispositions de l'article 23, alinéa 3, 2° de la Constitution relatif au droit à l'aide sociale et à l'article 1 de la loi organique des C.P.A.S. donnant mission à ceux-ci d'apporter l'aide sociale consacrée par la disposition susmentionnée ;
Attendu qu'en agissant comme il l'a fait, c'est-à-dire en projetant l'affectation de la quasi-totalité du fonds de réserve extraordinaire au projet de création d'une « maison des solidarités », le Conseil de l'Action Sociale met en péril la possibilité de mobiliser des moyens financiers pour faire face à d'autres dépenses d'investissements ;
Attendu que ces remarques ont également été formulées, notamment par Monsieur Didier SOETE, Échevin ayant les Finances dans ses attributions, lors de la réunion de concertation « Commune-C.P.A.S. » du 02.06.2022 et actées au P.V de ladite réunion ;
Attendu que par expérience, il est constaté dans ce type de dossier, que des adaptations – à la hausse – des travaux – et donc des coûts y afférents – ont très régulièrement lieu, et ce, d'autant plus qu'il s'agit d'un bâtiment vétuste et que le coût des matériaux est en constante augmentation ;
Attendu que la réalisation de ce projet entraînera nécessairement une augmentation des dépenses au service ordinaire ;
Attendu que la présente assemblée estime que l'intérêt général a été blessé par l'absence de concertation et par l'utilisation de la quasi-intégralité des réserves ;
Vu les dispositions de la loi du 12.11.1997 relative à la publicité de l'administration dans les provinces et les communes, en particulier l'article 3, 4° ;
Vu les dispositions de la loi du 29.07.1991 relative à la motivation formelle des actes administratifs ;
Par ces motifs ;